samedi 10 juin 2017

Passe par les champs...

Passe par les champs
Verts
Garde ton cœur grand
Ouvert
Au murmure du vent

Passe par les champs
Verts
Souviens toi longtemps
Du frère 
Et de l'ami d'antan...

dimanche 4 juin 2017

L'homme est fait d'amour

L'homme est fait d'amour
Mais il a enfermé l'amour dans la chair
Puis il enfermé la chair dans le temps
Puis il a enfermé le temps dans l'ignorance
Puis il a enfermé l'ignorance dans la haine
Puis il a enfermé la haine dans la mort
Puis il a enfermé la mort dans l'amour...

lundi 13 mars 2017

Je veux te voir maintenant Seigneur...

Je veux te voir maintenant Seigneur. Tu vas encore me dire que c'est ta volonté et non la mienne qui est justice, que tu me vois où que je sois, mais c'est moi qui ne te vois pas.

Je veux te voir maintenant Seigneur. Tu vas encore me demander de laisser à part le joug de ce monde et d'être comme toi, doux et humble de cœur.

Je veux te voir maintenant Seigneur. Tu vas encore me demander d'apaiser ma colère, de me tourner vers les autres et de retrouver mon cœur d'enfant.

Je veux te voir maintenant Seigneur, tu vas me faire remarquer que c'est moi qui tourne la tête à gauche alors que tu es à ma droite, que je regarde devant moi alors que tu es là, juste derrière.

Je veux te voir maintenant Seigneur, tu vas finir par m'envoyer un message de l'intérieur, me disant que ton royaume est en moi.

Je veux absolument te voir maintenant Seigneur, j'ai peur, j'ai soif, j'ai mal au cœur et je ne vis désormais que par l'espoir de te voir...

dimanche 22 janvier 2017

Doit-on haïr la mort ?

Doit-on haïr la mort ? N'est-elle pas notre tendre marraine ?
Quel intérêt et quelle valeur aurait une vie sans fin ? Les erreurs auraient le temps d'être faites, corrigées et même refaites à l'infini. Quelle distinction y aurait-il alors entre une erreur et une correction ? Une chute et une rédemption ?
C'est parce que le temps est limité que le jeu est prenant, que la course est belle, que le bilan peut être valeureux ou malheureux lorsque le rideau tombe.
C'est parce que tout peut s'arrêter à n'importe quel moment que l'on apprécie chaque moment qui passe.
Si tout durait infiniment, alors pourquoi s'empresser à construire un peu chaque jour ? Où va-t-on puiser l'énergie pour faire avancer un projet qu'on a tout le temps de finir ? Pourquoi se lever tous les matins et pas une fois par semaine ?
Au matin, la conscience de la mort, ne nous laisse pas d'autre choix que celui d'apprécier la vie. Et la journée finie, celui qui a apprécié la vie est parfaitement conscient qu'il le doit à la possibilité qu'elle s'arrête avec la mort.
La mort n'est donc pas un poison, la mort est un remède qui maintient la vie terrestre en bonne santé...

Sous ton regard Seigneur...




Je me retrouve, une fois de plus, placé sous ton regard Seigneur...J'ai erré, j'ai espéré, puis j'ai désespéré... J'ai failli comprendre, j'ai failli apprendre, puis j'ai failli....
Me voilà  de retour devant toi Seigneur, non pas grâce à mon parcours, mais grâce à ton amour...

lundi 28 novembre 2016

La source...

Tout n'est pas
Comme on nous l'a appris
Simplement
Il suffit
D'aimer
Et la vie coule
L'envie s'enroule
Sur la joie
D'être ici...

jeudi 17 novembre 2016

Les apparences...

Apparences, Apparences, Apparences... 

L'homme les respire, les désire, il les invente, les diversifie, les épuise et les détruit. Inlassablement, il ressent de nouveau le besoin d'en posséder d'autres, plus nombreuses, encore plus futiles, encore moins utiles, juste pour combler la vacuité et calmer l'angoisse des accoutrements usés, des apparats inopérants et des vieilles façades. 
L'apparence remplace l'essentiel comme la drogue remplace la joie de vivre. L'apparence dirige les pensées, égare les idées, déracine les sentiments. 
Tour à tour l'apparence prend l'allure d'un trophée, d'un sondage, d'un habit, d'un gala, d'une ride effacée, d'un bolide rutilant, d'un marché conclu, d'un bijou clinquant, d'un diplôme, d'une mode, d'une élection, d'une domination, d'un fait d'arme. 
L'apparence grime la réalité et par conséquent elle enterre l'essentiel. L'apparence tue l'homme et pourtant il la poursuit, comme un mouton galeux, tout simplement parce qu'il lui a attribué tous les espaces qu'occupe normalement la vraie vie, après avoir séquestré celle-ci dans le cachot de l'ignorance, loin de sa conscience...

lundi 31 octobre 2016

L'orgueil...

L'orgueil de ceux qui font le mal 
L'orgueil de ceux qui pardonnent
L'orgueil de ceux qui prennent 
L'orgueil de ceux qui donnent
Rien ne marchera pour autant
Tant que le même orgueil fredonne
À l'oreille de tous les gens...

samedi 15 octobre 2016

L'économie divine...

Lorsque les errances chaotiques de l'homme sont quotidiennement confrontées à la richesse de Dieu, alors la plaie abyssale de ses souffrances se transforme graduellement en une profonde cicatrice de joie...

lundi 19 septembre 2016

La foi

Les hommes s'étonnent fréquemment de la discrétion de Dieu à leur égard : si son existence était irréfutable, alors pourquoi sa présence n'est-elle pas flagrante dans leur vie ?
La raison en est que les effets de la rencontre entre Dieu et l'homme ne dépendent pas exclusivement de la présence de Dieu. Si c'était le cas, tous les hommes deviendraient automatiquement des saints, puisque Dieu qui est amour infini se déverserait totalement en eux. 
En réalité, la rencontre avec l'omniprésence de Dieu dépend en grande partie du libre arbitre de l'homme et de son adhésion libre à l'appel de Dieu. C'est ainsi qu'en pratique les hommes ne récoltent qu'une petite part de Dieu quand leur foi infinitésimale rencontre son amour infini...

dimanche 11 septembre 2016

Le royaume intérieur...

Croire en Dieu n'abolit pas les douleurs du monde, mais cela permet aux habitants d'un monde de douleurs d'accueillir en eux le royaume de Dieu...

N'allons donc pas chercher des miracles, des manifestations surréalistes, ou un interventionnisme du Seigneur dans notre monde, car la délivrance que Dieu peut nous accorder sur cette terre n'est rien d'autre que l'acquisition intérieure du royaume des Cieux...

samedi 10 septembre 2016

Le prochain...

Dans le monde manifesté, Dieu a pris la forme de l'homme. Quant au diable, il prend régulièrement la forme d'un Dieu. Ainsi, l'homme qui aime aveuglément un Dieu peut finalement se retrouver à vénérer le Diable, tandis que l'homme qui aime aveuglément son prochain est certain de vénérer le vrai Dieu...

mercredi 31 août 2016

Si vous ne retournez pas à l'état des enfants, vous ne rentrerez pas dans le royaume des cieux ...



Voilà une réalité spirituelle que l'homme a du mal à assumer :

Durant notre enfance, Dieu met naturellement à notre portée tous les secrets de la vie. Suivent des années de mise à l'épreuve, un parcours d'embûches, que l'on appelle communément la vie adulte. Si au bout de cet âge, dit "adulte", nous réussissons à conserver l'essence de ces secrets, alors Dieu nous gratifie à nouveau du bienheureux esprit de l'enfance, nous garantissant par là de quitter la vie terrestre avec un sourire espiègle et une âme rassérénée...

L'Evangile de Mathieu (18.1-4) nous explicite le pouvoir salutaire de l'esprit de l'enfance : 


A ce moment les disciples s'approchèrent de Jésus et dirent: "Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux?" Il appela à lui un petit enfant, le plaça au milieu d'eux et dit: "En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le royaume des Cieux"


L'Amour...

Nous vivons une époque où les personnes tiennent absolument à souligner leur différence et leur singularité. Dans le même temps, ces mêmes personnes aspirent à être acceptées et aimées de tous...
Il en résulte que les relations humaines, et notamment amoureuses, sont immanquablement empreintes de dualités, fluctuations et contradictions...
La raison en est que nous concevons nos relations en général, et amoureuses en particulier, sur un mode binaire (émotion ou froideur, vérité ou mensonge, paix ou tumultes) alors que la nature véritable de l'amour est trinitaire.
De nos jours, ne subsiste que la relation amoureuse entre deux personnes, les deux ayant éludé une troisième composante, pourtant essentielle à la sauvegarde de l'amour: la relation à Dieu.
Or, en nous révélant sa nature trinitaire, Dieu qui est Amour, nous révélait la nature exacte de l'amour...

L'humilité...

Lorsqu'ils évoluent en société, les hommes ressentent impérieusement le désir de briller et sont obsédés par l'étalage de la valeur de leur humanité...

En réalité, ce n'est pas à ce niveau que se place le salut de l'homme. Au contraire, l'homme a plutôt besoin de renoncer totalement aux fastes de son humanité, pour être en mesure de se diviniser, tout comme le Christ a dû renoncer totalement à sa glorieuse divinité, pour être en mesure de s'humaniser...

L'union de la nature divine à la nature humaine, en soi inconcevable, n'a pu se faire qu'après la kénose du Christ, son renoncement à la gloire de sa divinité. Tel est le mystère de l'humilité de Dieu...

Par le Christ qui est amour, par le Christ qui est "doux et humble de cœur", Dieu, lui l'infini et l'inconnaissable, a voulu s'humilier afin de pouvoir se faire connaitre et s'humaniser. Tel est le mystère de l'amour de Dieu...

Réciproquement, et ce depuis la résurrection du fils de Dieu qui est devenu homme, l'homme qui aura renoncé à l'orgueil de sa nature, pourra être en mesure de recevoir l'énergie divine par l'Esprit-Saint de Dieu...

Le sens de l'humilité réside dans cette attitude de renoncement à soi, par amour pour Dieu, permettant à l'amour de Dieu de nous restaurer dans notre humanité véritable, une humanité déifiée, obéissante à la volonté du Père, à l'image du Christ, vrai homme et vrai Dieu.

C'est le sens de la parole du Christ quand il proclame que " les premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers"...

lundi 29 août 2016

Mon Polo

Mon sourire
Mon intime plaisir
Mon oisillon ébouriffé
Mon salut
Mon Polo

La vie
Respire
À travers tes yeux
Tu es mon cœur tendre 
Mon enfant hardi
Mon avenir
Embelli
Mon croissant tout chaud
Ma joyeuse envie 

Tant de fois j'ai été surpris 
Et encore aujourd'hui
Par tes malicieux gestes
Tes indomptables envies
Tes idées de fou
Ton regard infini
Tu es la crème de mon coeur 
Le chœur de mes silences

Mon sublime bijou
Mon Polo chéri
Tu es parti
Et cependant tu remplis
Tous les espaces de ma vie...

lundi 4 janvier 2016

La révolte du juste...

Coupez-moi la tête, je veux voir avec mon coeur. 
Coupez-moi la tête, je veux me passer des pensées et des pleurs, des raisonnements et des labeurs. 
Coupez-moi la tête, je veux pouvoir voler, sans m'étonner, sans douter, sans me poser.
Coupez-moi moi la tête, de toute manière elle pourrira, dans un crâne craquelé, dans un cimetière oublié, au milieu d'une humanité décimée, par des milliards et des milliards de têtes...

mardi 29 décembre 2015

Le printemps du réfectoire...

Les ailes du rêve ont poussé
En un claquement de doigts
Les esprits se sont enflammés
Les joues vrombissent et grondent

Plus de tracasseries
Plus de purée qu'on n'aime pas
Les petit pois sont bannis
C'est le grand brouhaha

Toute l'école gazouille
Splendide apesanteur
La bonne humeur chatouille
Les enfants sont en fleurs...

Où sont passés les anges ?

- Pourquoi nous ne voyons plus les anges ? Où sont-ils passés ?

- Il faut atteindre l'humilité véritable afin de pouvoir les discerner. Il n'est donc pas si étonnant que nous n'arrivions plus à voir les anges...

La vérité

La vérité n'est pas une option, aucun humain ne peut s'y soustraire. Tout comme la mort, la vérité est inéluctable, elle finit toujours par arriver...

La joie

La joie est en étroite relation avec la création. Expérimenter l'aube d'une existence, avoir la conscience d'une éclosion, ne peut se faire sans la joie. Créer où être créé, présuppose l'énergie de la joie. La joie c'est l'infini en mouvement, l'amour en éruption, l'incommensurable et l'éternel, lorsqu'ils rencontrent l'espace-temps, lorsqu'ils se choisissent un commencement, une forme ou un support. La joie est la perception extatique de l'être qui s'ouvre à la conscience de sa propre existence. La joie est l'interface entre l'infini, l'insondable, le divin d'une part et le fini, le créé, l'humain, d'autre part.

La joie est la main tendue de Dieu...

mardi 1 décembre 2015

Un 13 novembre, à Paris...

Il ferme doucement les paupières, étendu sur une moquette rendue humide par son sang qui fuit. Il ne ressent ni douleur, ni même haine. 

Sa vie va bientôt s'achever dans un lieu improbable, appelé Bataclan. Un endroit qu'il a rejoint dans le but d'oublier pour un instant les soucis de ce monde. Le monde des autres et son monde à lui. 

Étrangement, il se sent vivant au seuil de la mort, lui qui, depuis quelque mois, avait perdu le fil de sa vie. 

Il voit les éclairs des mitraillettes, mais n'en perçoit plus le bruit. Ces personnes qui tombent silencieusement devant ses yeux, au ralenti, le renvoient aux feuilles d'automne, qu'il admirait petit, en se demandant : c'est donc ainsi ? pourquoi faut-il que la vie s'arrête pour que la vie recommence ? pourquoi telle feuille tombe avant telle autre ? pourquoi telle est légère et telle autre est appesantie ?

Il ne connaît pas les personnes qui se trouvent là, il ne peut pas les secourir, il a juste le temps de les aimer, avant qu'elles ne s'effondrent autour de lui. 

De temps à autre, ses yeux distinguent une silhouette rampante et courbée qui arrive péniblement à atteindre la sortie, ses lèvres esquissent alors un sourire et son âme s'écrie: respire pour moi un peu d'air frais l'ami ! 

Ses souvenirs sont trop nombreux pour tenir devant ses yeux. Ils se décantent pourtant un par un, au fond de lui, dans toute leur force et dans leurs moindres détails. Leur présence le réconforte, et il pense : si tous mes souvenirs surgissent dans ce moment critique, c'est qu'ils ne disparaîtront jamais. D'ailleurs, pourquoi disparaîtraient-ils ? Ils vont perdurer dans les joues roses de mon bambin, dans les bras réconfortants de ma chérie, dans les yeux lumineux de ma mère et dans l'humour décapant de mes amis. 

Mon corps va bientôt disparaître, mais pas la terre de France qui m'a fait naître et qui s'apprête à m'accueillir. 

Je pars ainsi en éclaireur, j'enjambe plus tôt que prévu la barrière du temps, j'emmène avec moi l'espoir naissant de mes congénères, qui vont à nouveau réaliser l'importance de la vie et de ceux qui en défendent les valeurs.

Je n'arrive pas à haïr mes assassins, parce que je n'arrive pas à comprendre ce qui les motive à agir ainsi. Et puis le temps qui me reste est si court. Je préfère avoir pitié d'eux, je préfère que ma mort serve aux vivants, qu'ils comprennent pourquoi et comment on en est arrivé là. Je préfère même pardonner, pourvu que ceux qui restent trouvent les bonnes solutions, qu'ils réussissent à désamorcer la haine qui dirige mes assaillants, sans pour autant déchaîner leurs propres démons.

Comment leur exprimer que la denrée la plus précieuse de cette vie qui me quitte est l'amour qui réunit les hommes ? Comment leur transmettre que la seule chose que j'emporte est la somme d'amour que j'ai connue sur cette terre? Seule l'énergie de cet amour me permettra, avec  mes compagnons, d'affronter l'au-delà.

Il se sentait étonnamment bien, il allait changer de lieu, emportant avec lui ce qu'il a de mieux, laissant derrière lui parents et amis fidèles, se disant dans le creux de la fosse: pourvu que cette tragédie aide les hommes à construire un monde meilleur. 

Puis il ferma les yeux...

La prière du coeur...

  • Un mouvement citoyen sans précédent suscite un immense espoir au sein d'une majorité silencieuse et souffrante du peuple Libanais.  

    Pour ma part, je crains que toutes ces personnes, sincèrement assoiffées de paix, de justice et de fraternité, ne soient profondément et implacablement déçues. 

    Il me semble en effet que dans un pays où certains individus peuvent assassiner tout en demeurant impunis; où les institutions religieuses, transformées en partis politiques, se déchirent; où les politiciens sont des espèces de mutants consanguins appartenant à des familles régnantes; où la corruption est un euphémisme; où les intérêts des pays étrangers priment sur l'intérêt national; où des milices partisanes ont plus de pouvoir qu'une armée officielle fragmentée; où l'intérêt personnel, familial et clanique prend le dessus sur l'intérêt collectif et citoyen; où l'on cite Dieu deux fois par conversation, puis on le passe sous silence au moment où il est question d'argent; Dans un tel pays, une manifestation pacifique n'a qu'une infime chance d'aboutir.

    Je me demande si à force de regarder des films, de se connecter sur Facebook ou de s'imprégner du monde occidental par le biais du web et des voyages, les Libanais n'ont pas fini par croire qu'ils vivaient vraiment dans un pays démocratique... 

    Je crains que l'intellect des Libanais, par ailleurs très évolué et de très haut niveau, ne leur joue des tours, en leur faisant croire qu'il suffit de penser les choses et de les imaginer pour qu'elles se réalisent dans les faits.

    Je crains que notre jeunesse, comme toute jeunesse d'ailleurs, ne soit entrain d'idéaliser son désir et son monde, sans prendre la mesure des forces du mal qui se dressent contre elle, ni de l’âpreté de la lutte qu'un tel mouvement suppose.

    Il est évident que pour traiter efficacement une pathologie, il est nécessaire dans un premier temps de bien établir le diagnostic. 

    Ne nous voilons pas la face, si ce type de gouvernants est en place c'est que nous y sommes pour quelque chose. Dans leur vices, leur priorités, leurs réflexions et leurs agissements, ils ne font que nous renvoyer nos vices, nos priorités, nos réflexions et nos agissements. Les politiciens reflètent nos mentalités rampantes, en mille fois plus développées, plus "sophistiquées".
    On dit bien que ce n'est pas le roi qui appelle le peuple mais c'est le peuple qui appelle le roi. Ceux qui élèvent leur voix ne doivent pas oublier qu'ils vivent dans un pays où, habituellement, on achète les voix...

    De cet état lieux, il résulte deux éléments: Premièrement, à moins d'un bouleversement radical et intime des mentalités, les choses ne bougeront pas. Deuxièmement, si les choses bougent, cela se fera au prix d'un lourd tribut.

    En priorité, et pour être en capacité de mener à son terme un tel mouvement, chaque manifestant devra vaincre ses propres démons, préciser les contours de son éthique personnelle, mettre au point ses principes politiques et sociaux, et ses convictions religieuses, en les harmonisant sous une seule bannière, celle d'un peuple unifié qui manifeste pour la reconquête de ses droits civils les plus fondamentaux. Rien ne doit pouvoir le détourner de ce objectif. C'est le pré-requis minimum pour un mouvement dont l'ambition est, ni plus ni moins, de bouleverser un système archaïque et féodal établi à l'échelle d'une nation, et ce depuis des décennies. 
    
    Chaque manifestant doit savoir se remettre en question, dès le départ, et tout au long du conflit, de manière à préserver l'unité du mouvement.
    
    D'autre part, chaque manifestant doit être conscient des conséquences qu'un tel engagement peut avoir sur sa vie personnelle et être disposé à offrir plus que des cris et des slogans. Il ne suffira pas d'user ses semelles sur le bitume, il faudra aussi user de son temps, de son argent, de son énergie et peut-être même de son intégrité physique. Il ne suffira pas de faire l'intérimaire de la manif, il faudra garder le cap, persévérer dans un mouvement de longue haleine qui exige des sacrifices et qui pourrait bouleverser un agenda personnel ou le cours d'une vie.
    
    Sans compter que les risques de récupération et de fausses interprétations, et donc de désunion et d'affrontements violents, seront légion dans le contexte d'un pays qui a plus connu de voitures piégées que d'élections véritablement démocratiques. 
    
    Par conséquent, il faudra s'attendre à ce que la corruption, la manipulation, la délation et la violence rôdent, qu'elles s'immiscent et se cachent dans tous les coins de rue et dans toutes sortes d’individus. Elles ne seront pas le seul apanage des politiciens et de leurs sbires.
    
    Tout cela peut faire craindre une tournure des événements, vers un dérapage non contrôlé, un pschiiit, voire une explosion. 
    
    Tout cela souligne surtout les innombrables obstacles à franchir et l'ampleur du travail à fournir en dedans et en dehors de chaque libanais, en vue de générer et de maintenir un véritable espoir de renouveau autour de cette initiative authentiquement citoyenne.
    
    
    Autant dire que la tâche s'annonce ardue, voire insurmontable.
    Mon premier réflexe d'homme croyant a été de prier Dieu de protéger toutes ces gens, car le prix à payer pour que le mouvement réussisse, et pour éviter qu'il ne se transforme en une énième descente aux enfers, risque d'être bien plus lourd que ceux qui l'ont initié ne l'ont peut-être imaginé. 
    
    En tout état de cause, il ne fait aucun doute que ce mouvement est noble dans l'intention, il est parti et il ne s'arrêtera pas tout seul...
    Pourvu que les bonnes intentions de cet élan citoyen puissent paver un avenir radieux pour les générations futures et non pas une nouvelle place en enfer pour un pays en chute libre.
    
    Quant à moi, je continuerai à me réfugier dans mes prières, comme je le fais tous les soirs depuis le jour où j'ai quitté le Liban. Comme tant de personnes viscéralement attachées à ce pays, j'ai dû construire ma vie dans l'exil, la mort dans l'âme. N'ayant pas eu le courage de rentrer, j'ai passé mon chemin. 
    C'est le seul moyen que j'avais trouvé à l'époque pour ne pas être happé par la corruption et la servitude, dont la puanteur supplantait déjà celle des poubelles...
    
    Je prie pour que, à travers ce mouvement, un autre moyen de lutter contre la servitude et la corruption connaisse enfin le jour...
    

samedi 18 janvier 2014

Tiens bon mon peuple...(à mon ami Ali)

En dépit des temps obscurs, une sensation prégnante d'optimisme s'empare de mes pensées.
  
Je m'explique : face aux aberrations et aux injustices que traverse le pays, j'étais au fond du trou et m'apprêtais à désespérer de manière définitive. Puis, contre toute attente, et comme cela arrive parfois, l'instinct de survie, les vertus ensevelies de la beauté et de l'espoir, se sont révélées à mon esprit.
C'est alors que l'évidence s'est inversée à mes yeux : en y regardant de plus près, on ne peut qu'aimer et respecter le peuple libanais.
  
Depuis des décennies, ce peuple patauge dans la souffrance. Durant tout ce temps, il a manipulé et il s'est laissé manipulé. 
  
Mais, aujourd'hui, il apparaît comme une évidence que le peuple Libanais a appris à résister aux épreuves. 
  
Je ne parle pas des politicards, ni des mercenaires ou des fanatiques de tout bord qui, par tous les moyens possibles, cherchent encore et toujours à déstabiliser le pays. 

Je parle du bon peuple, le vrai peuple, le peuple du Liban. Tous ces gens anonymes et toutes ces familles, de toute région et de toute confession, qui veulent vaquer à leur besognes, subvenir aux besoins de leur foyer, passer du bon temps, vivre en paix et rendre grâce au seigneur. Que cela tombe un vendredi ou un dimanche, peu importe, pourvu que cela se passe sous le ciel du Liban.
Unis dans la douleur, ces Libanais là ont compris bien avant leur leaders. 
  
Ils ont tiré les leçons des errements du passé, ils ont déchanté des sérénades doctrinales erronées, ils ont assez donné d'enfants pour savoir de quoi ils parlent. 
  
Fort de son histoire récente et de ses souffrances lancinantes, meurtri par les souvenirs amers et les absurdités de la guerre, le peuple ne veut plus s'auto-détruire, il veut juste, si j'ose dire, se reposer en paix...

Malgré toutes les manigances politiciennes, malgré la cristallisation sur le sol Libanais des crises religieuses et politiques de la région, malgré le feu nourri d'étincelles visant à embraser le pays, le peuple lui, douloureusement averti, résiste admirablement et ne se laisse plus emporter par les vagues meurtrières.
  
Il espère secrètement qu'un jour il rétablira les ponts entre les régions et les communautés, qu'il pourra de nouveau se vanter de la beauté, de la liberté, et de la diversité de sa patrie.   
Car ce pays est pionnier. La souffrance de son peuple est comme un laboratoire où l'on expérimente les limites de la souffrance humaine. De ce laboratoire, où les Libanais servent de cobayes, sortira un jour un peuple transfiguré et renforcé.
  
Le Libanais d'hier a innové dans toutes les formes de sauvagerie et de destruction, mais le peuple s'il tient bon, innovera demain dans toutes les formes de résistance pacifique, de mutation des consciences et de résurrection du pardon.

Le Libanais d'hier subissait docilement, se laissant emporter par des conflits haineux et aveugles, prenant facilement les armes et commettant l'irréparable. En même temps qu'il perdait sa pureté et son innocence, il perdait aussi sa naïveté et sa crédulité.
C'est pourquoi, le Libanais d'aujourd'hui, n'entend plus céder aux pressions en tout genre. Il continue certes de subir toutes les formes de corruption, mais cette fois-ci, il le fait en tant que résistant, fidèle aux préceptes nouveaux que lui a inculqué un conflit sanglant et barbare, n'ayant que trop duré.
C'est au prix fort que chaque Libanais a payé l'acquisition de sa conscience citoyenne, encore naissante.
Désormais, les citoyens Libanais lambda, eux qui sont les dépositaires de l'âme véritable de ce pays, sont plus que jamais préparés à résister à la folie guerrière, pour qu'advienne enfin le jour où les pressions extérieures céderont et où les démons intérieurs s'estomperont.
Ce jour là, la boue et la misère seront lavées.
 
Ce jour là, la force et la grandeur d'âme de chaque Libanais se révéleront au yeux du monde...

dimanche 15 décembre 2013

Au nom de quelle foi ?

Au nom de quelle religion le proche-orient est-il entrain de sombrer ? Au nom de quelle foi le croissant fertile est-il entrain de dépérir ?

Le but de la religion est de nous réunir avec Dieu, le but de Dieu serait-il donc de nous détruire ?

Comment peut-on se dire croyant, et croire en ce que l'on dit, lorsqu'on invective la communauté d'en face avec violence, agressivité et propos haineux ?

Comment peut-on au nom du christianisme, de l'islam ou du judaïsme s'engager dans le chemin opposé à celui qui nous mène au Dieu dont nous nous prévalons ?

Comment peut-on accepter que soit appliqués aux autres communautés ce que nous jugeons inacceptable pour nous-mêmes, nous autorisant par ce biais à les combattre avec force et véhémence ?

Dans nos soi-disantes luttes de convictions, nous croyons arborer sur nos drapeaux le symbole de la croix, du croissant ou de l'étoile de David. En réalité, nous affichons tous la même bannière, celle des pirates, avec comme inscriptions, le crâne de la mort et les ossements des victimes. Nous avons piraté jusqu'à notre propre Dieu. En son nom nous pratiquons ce que nous dicte notre propre volonté, notre orgueil et somme toute, notre ignorance.

Jusqu'à quand allons nous alourdir le poids de la croix, réduire en miettes les tables de la loi, et assassiner les califes de la foi ?

Trois Religions monothéistes, trois religions proclamant un seul Dieu, et ce Dieu ne serait pas le même ? Comment peut-on faire preuve de tant d'imbécilité ?

En réalité, Dieu n'est qu'un prétexte politique. Chaque communauté l'utilise pour faire ce qui l'arrange. Et ce qui l'arrange est de démontrer qu'elle est la meilleure, la plus forte, qu'elle seule est dans le vrai. Par conséquent, elle considère que son Dieu est le meilleur, le plus fort et que lui seul est dans le vrai. De fait, de par notre volonté propre (et non celle de Dieu), nous rendons notre Dieu différent de celui des autres et nous combattons les autres en son nom...

Au nom de la religion, nous méprisons d'un côté les athées, qui, à juste raison, en ont assez des atrocités commises au nom de Dieu. Et de l'autre côté, nous restons solidaires de nos fanatiques, qui, tout en prétendant se battre pour l'obtention du paradis céleste et le salut de leurs âmes, instaurent un enfer sur terre et détruisent l'âme de leurs compatriotes.

La politique citoyenne devrait être soumise au filtre de notre croyance et en être la conséquence et l'application naturelle. Tandis que nous autres, nous aliénons notre religion et la déformons pour la faire tenir dans le moule obtus de nos hantises politiques.

Dans nos luttes intestines, humano-humaines, nous délaissons les enseignements de Dieu, supposés donner un sens à notre vie, puis nous nous plaignons que notre Dieu à nous, celui que nous pensons aimer de toute nos forces, ne nous vienne pas en aide.

Celui qui naît au sein d'une communauté, n'a aucun mérite personnel que je sache. Croit-il vraiment qu'il est supérieur aux autres ? Et si par hasard, sa mère était tombée amoureuse d'un homme d'une autre communauté, cela aurait-il fait de lui un être humain de deuxième zone ? Comment peut-on encore soutenir  et colporter ce genre d'inepties ?

Comment peut-on suivre aveuglément des leaders corrompus jusqu'à la moelle, uniquement parce qu'ils sont de notre communauté, alors qu'ils parlent au nom d'une religion dont ils piétinent personnellement les sacrements les plus simples et les enseignements les plus élémentaires?

Nous voulons nous entretuer, soit. Mais arrêtons de le faire au nom de Dieu, censé, qu'elle que soit la religion, nous octroyer la vie, la joie, la paix et la fraternité.

Nous prétendons suivre Dieu, sauf que nous avons réglé notre GPS sur la piste du diable. Or les démons sont légion et l'endroit de Dieu est unique. C'est ainsi que nous nous fourvoyons nous-mêmes, que nous nous isolons les uns des autres, au lieu de nous retrouver, tous ensemble, dans le sein de notre unique créateur.

Que toute personne qui tient ce journal entre ses mains, se déleste un instant de sa peur primitive, s'arme de la foi dans laquelle elle est née, rentre en elle-même, et se demande : "c'était quand la dernière fois où j'ai conversé avec mon Dieu, en connaissance, en justice, en amour, et en foi ? Ne m'aurait-il pas confié, il y a déjà bien longtemps, qu'il est le Dieu des chrétiens, des juifs et des musulmans ? "