Voici que je me baisse. Par le trou de la serrure, j’aperçois le sourire de mon ami. Le vrai, l'infini. Celui qui divise le monde, entre ceux qui s’inclinent pour le contempler et ceux qui contemplent leur nombril...
Journal philosophico-poétique. Pages intimes d'une âme anonyme... Avant de reprendre la route vous êtes conviés à laisser vos impressions sur Arrêt Minute.
dimanche 13 mai 2018
Consolateur
Rassure-toi mon âme
La création est toujours là
Aussi belle et douce...
Il est vrai que l’amour
S’est drapé dans le silence
Mais la beauté scintille encore
Dans les pupilles célestes
Que les êtres humains
Ne savent plus regarder...
samedi 24 mars 2018
En Vérité, Il est ressuscité !
En vérité, Il est ressuscité !
En dépit de tout, palpitent les cœurs, germent les graines, et se lève le vent.
En dépit de tout, se perpétue la vie, et bienfaisantes sont les saisons qui la composent.
Garder à l’esprit, en dépit de tout, que l’homme a été créé pour la joie. Une joie que rien ne peut assombrir, pas même les peines que l’homme se fabrique, par ses actes, ses pensées, ses omissions ou ses erreurs.
En dépit de tout, garder la capacité de remercier.
Remercier la vie qui avance, même quand elle nous apporte de la souffrance. Car c’est la profondeur même de notre souffrance qui nous renseigne sur l’ampleur de notre résistance. Assurément, celui qui peut contenir une souffrance sans fin, est un être destiné à l’infini.
Être capable, en dépit de tout, de sourire à l’infini qui nous étreint, avec les mains de la souffrance.
Ne jamais cesser de sourire. Ne jamais tourner le dos au Christ, ne jamais sombrer dans le désespoir.
En dépit de tout, se dire que l’espérance nous est donnée comme une planche de salut, sur une tempête de malentendus, juste pour nous aider à comprendre que tout ira bien. S’accrocher à cette frêle planche, qui nous maintient à flot, avec la conviction que la mer va se calmer, que le rivage va se dessiner.
Il n’y a pas de fatalité. Ce qui nous fait croire à la fatalité, c’est notre orgueil raisonnant et le désespoir auquel il mène.
Absolument rien ne peut nous empêcher d’être heureux, rien ni personne, ou plutôt une personne pourrait le faire, et c’est nous-mêmes.
Rien n’est figé, tout peut être transcendé, transfiguré, ressuscité.
La fin, la destruction, la mort ne sont permis qu’à ceux qui se le permettent.
Il en est de même pour la cicatrisation, la guérison, la rédemption et la résurrection.
Songer une seconde, à un état de douce humilité, où l’on porte sur soi toutes les fautes, même si elles ne sont pas de notre fait. Un état de contrition, où l’on regrette une issue malheureuse, non seulement lorsqu’on en est responsable, mais aussi, chaque fois qu’elle survient, pour ses effets nuisibles sur l’équilibre des êtres qui nous entourent.
Atteindre un état où l’on se sent anéantis mais encore optimistes, battus mais encore combattifs, chahutés et ballottés dans tous les sens, mais encore heureux et souriants.
Atteindre un état où on a toutes les raisons d’avoir raison, mais où on traite les autres, comme si on avait tous les torts.
Un état où on ne raisonne plus, on ne se défend plus, on ne se justifie plus, mais on trouve la force d’aimer, de faire ce qui est bon, de donner ce qui est bon, sans calculer, à qui, ou, et pourquoi, mais juste parce qu’il fait bon d’être bon.
Atteindre un état où notre paix nous donne d’être heureux, instantanément et totalement, indépendamment de tout et de tous, et que pour exhaler cette paix, nous ressentions le besoin impérieux de donner sans compter, de disparaître pour révéler, de pardonner à ceux qui nous ont injustement traités, d’aimer au point de changer constamment et de constamment changer les autres.
Cette transfiguration qui surpasse toutes les données de la raison, de la pensée et de l’expérience, reste accessible, en dépit de tout. Les épreuves sont permises par Dieu, car elles se révèlent, bien souvent, comme le seul moyen susceptible de nous rendre apte à réaliser un tel état.
Un état de paix et de joie, exprimé envers tous mais indépendant de tous, car il puise sa source dans notre esprit tourné vers Dieu. La foi que la vocation ultime de l’être humain, sa raison d’être, est de glorifier Dieu. Car voilà ce que nous sommes : les notes innombrables et multicolores, d’un refrain éternel, psalmodié à la gloire de Dieu. Et tous nos malheurs s’accumulent du fait que, durant notre existence, nous cherchons notre accomplissement ailleurs.
Rien de ce qui nous arrive n’est injuste, bien au contraire, tout ce qui nous arrive sert à notre édification, à condition que Dieu nous accorde la grâce du discernement.
Car, en vérité, c’est en assumant la mort que le Christ a pu vaincre la mort. Et en ressuscitant, c’est notre nature humaine que le Christ a ressuscité.
En dépit de la mort et en dépit de tout, laissons-nous, à notre tour, envahir, submerger, emporter, comme notre Seigneur, Dieu et sauveur, le Christ, qui est monté sur la croix par amour, avant de ressusciter dans la joie éternelle !
lundi 7 août 2017
Aimer
Aimer c'est apercevoir. Apercevoir la vérité de toute chose...Estomper sa peur dans la splendeur du créé...Se reposer dans la joie d'exister...
Aimer c'est assumer. Assumer la vie, en écartant toutes les illusions, et en premier l’illusion de l'échec.
Aimer c'est donner. Donner en toutes circonstances, et précisément lorsque l'on a toutes les raisons d'être malheureux.
samedi 10 juin 2017
Passe par les champs verts
Passe par les champs
Verts
Garde ton cœur grand
Ouvert
Au murmure du vent
Passe par les champs
Verts
Souviens toi longtemps
Des frères
Et des amis d'antan...
dimanche 4 juin 2017
Rédemption
L'homme est fait d'amour
Par son mensonge, il a enfermé l'amour dans le monde
Puis il a enfermé le monde dans le temps
Puis il a enfermé le temps dans l'ignorance
Puis il a enfermé l'ignorance dans la haine
Puis il a enfermé la haine dans la mort
Puis le Christ est venu
Vrai homme et vrai Dieu
Et il a enfermé la mort dans l'amour...
Par son mensonge, il a enfermé l'amour dans le monde
Puis il a enfermé le monde dans le temps
Puis il a enfermé le temps dans l'ignorance
Puis il a enfermé l'ignorance dans la haine
Puis il a enfermé la haine dans la mort
Puis le Christ est venu
Vrai homme et vrai Dieu
Et il a enfermé la mort dans l'amour...
dimanche 22 janvier 2017
Doit-on haïr la mort ?
Doit-on haïr la mort ? N'est-elle pas notre tendre marraine ?
Quel intérêt et quelle valeur aurait une vie sans fin ? Les erreurs auraient le temps d'être faites, corrigées et même refaites à l'infini. Quelle distinction y aurait-il alors entre une erreur et une correction ? Une chute et une rédemption ?
C'est parce que le temps est limité que le moment est prenant, que la marche est précieuse, que le bilan peut être valeureux ou malheureux lorsque le rideau tombe.
C'est parce que tout peut s'arrêter à n'importe quel moment que l'on apprécie chaque moment qui passe.
Si tout durait infiniment, alors pourquoi s'empresser à construire un peu chaque jour ? Où va-t-on puiser l'énergie pour faire avancer un projet qu'on a tout le temps de finir ? Pourquoi se lever tous les matins et pas une fois par semaine ?
Au matin, la conscience de la mort, ne nous laisse pas d'autre choix que celui d’accaparer la vie. Et la journée terminée, celui qui a apprécié la saveur du temps passé est parfaitement conscient qu'il le doit à l’éventualité que tout s'arrête avec la mort.
La mort n'est donc pas un poison, la mort est un remède qui maintient la vie terrestre en bonne santé...
Quel intérêt et quelle valeur aurait une vie sans fin ? Les erreurs auraient le temps d'être faites, corrigées et même refaites à l'infini. Quelle distinction y aurait-il alors entre une erreur et une correction ? Une chute et une rédemption ?
C'est parce que le temps est limité que le moment est prenant, que la marche est précieuse, que le bilan peut être valeureux ou malheureux lorsque le rideau tombe.
C'est parce que tout peut s'arrêter à n'importe quel moment que l'on apprécie chaque moment qui passe.
Si tout durait infiniment, alors pourquoi s'empresser à construire un peu chaque jour ? Où va-t-on puiser l'énergie pour faire avancer un projet qu'on a tout le temps de finir ? Pourquoi se lever tous les matins et pas une fois par semaine ?
Au matin, la conscience de la mort, ne nous laisse pas d'autre choix que celui d’accaparer la vie. Et la journée terminée, celui qui a apprécié la saveur du temps passé est parfaitement conscient qu'il le doit à l’éventualité que tout s'arrête avec la mort.
La mort n'est donc pas un poison, la mort est un remède qui maintient la vie terrestre en bonne santé...
Sous ton regard Seigneur
Je me retrouve, une fois de plus, placé sous ton regard Seigneur...
J'ai erré, j'ai espéré, puis j'ai désespéré...
J'ai failli comprendre, j'ai failli apprendre, puis j'ai failli....
Me voilà de retour devant toi Seigneur, non pas grâce à mon parcours, mais grâce à ton amour...
J'ai erré, j'ai espéré, puis j'ai désespéré...
J'ai failli comprendre, j'ai failli apprendre, puis j'ai failli....
Me voilà de retour devant toi Seigneur, non pas grâce à mon parcours, mais grâce à ton amour...
lundi 28 novembre 2016
Source de vie
Tout n'est pas
Comme on nous l'a appris
Le réel est simple
Il suffit
D'aimer
Et l’horloge déroule
La vie s’écoule
Dans la joie
D'être ici...
Comme on nous l'a appris
Le réel est simple
Il suffit
D'aimer
Et l’horloge déroule
La vie s’écoule
Dans la joie
D'être ici...
jeudi 17 novembre 2016
Apparences
Apparences, Apparences, Apparences...
L'homme les respire, les désire, les invente, les diversifie, les épuise et les détruit. Inlassablement, il ressent de nouveau le besoin d'en posséder d'autres, plus nombreuses, encore plus futiles, encore moins utiles, juste pour combler la vacuité et calmer l'angoisse des accoutrements usés, des apparats inopérants et des vieilles façades.
L'apparence remplace l'essentiel comme la drogue remplace la joie de vivre. L'apparence dirige les pensées, égare les idées, déracine les sentiments.
Tour à tour l'apparence prend l'allure d'un trophée, d'un sondage, d'un habit, d'un gala, d'une ride effacée, d'un bolide rutilant, d'un marché conclu, d'un bijou clinquant, d'un diplôme, d'une mode, d'une élection, d'une domination, d'un fait d'arme.
L'apparence grime la réalité et par conséquent elle enterre l'essentiel. L'apparence tue l'homme et pourtant il la poursuit, comme un mouton galeux, tout simplement parce qu'il lui a attribué tous les espaces qu'occupe normalement la vraie vie, après avoir séquestré celle-ci dans le cachot de l'ignorance, loin de sa conscience...
lundi 31 octobre 2016
Orgeuil(s)
Orgueil de ceux qui font le mal
Et vanité de ceux qui pardonnent
Orgueil de ceux qui prennent
Et vanité de ceux qui donnent
Rien ne fonctionne
Tant que orgueil et vanité
Fredonnent
Aux oreilles de l’humanité...
Tant que orgueil et vanité
Fredonnent
Aux oreilles de l’humanité...
samedi 15 octobre 2016
Économie divine
Lorsque l’errance chaotique de l'homme est régulièrement confrontée à l’amour infini de Dieu, alors la plaie abyssale de ses souffrances se transforme progressivement en une profonde cicatrice de joie...
lundi 19 septembre 2016
Hommes de peu de foi
Les hommes s'étonnent fréquemment de la discrétion de Dieu à leur égard : si son existence était irréfutable, alors pourquoi sa présence n'est-elle pas flagrante dans leur vie ?
La raison en est que les effets de la rencontre entre Dieu et l'homme ne dépendent pas exclusivement de la présence de Dieu. Si c'était le cas, tous les hommes deviendraient automatiquement des saints, puisque Dieu qui est amour infini se déverserait totalement en eux.
La raison en est que les effets de la rencontre entre Dieu et l'homme ne dépendent pas exclusivement de la présence de Dieu. Si c'était le cas, tous les hommes deviendraient automatiquement des saints, puisque Dieu qui est amour infini se déverserait totalement en eux.
En réalité, la rencontre avec l'omniprésence de Dieu dépend en grande partie du libre arbitre de l'homme et de son adhésion libre à l'appel de Dieu. C'est ainsi qu'en pratique les hommes ne récoltent qu'une petite part de Dieu quand leur foi infinitésimale rencontre son amour infini...
dimanche 11 septembre 2016
Et le reste vous sera donné de surcroît
Croire en Dieu n'abolit pas les souffrances de ce monde, mais cela permet aux habitants d'un monde de souffrances d'accueillir en eux le royaume de Dieu...
N'allons donc pas chercher des miracles impressionnants, des manifestations surréalistes, ou des interventions radicales du Seigneur dans notre monde, car la délivrance que Dieu peut nous accorder sur cette terre n'est rien d'autre que l'acquisition intérieure du royaume Céleste...
samedi 10 septembre 2016
Le sens du prochain
Depuis que le Christ s’est incarné, Dieu a pris la forme de l'homme. Quant à l’usurpateur, il prend régulièrement la forme de fausses divinités. Par conséquent, l’homme qui aime un Dieu qu'il s'est malencontreusement choisi, peut se retrouver à vénérer le Diable. Tandis que l'homme qui aime son prochain, sans défaillir, est certain de vénérer le vrai Dieu...
mercredi 31 août 2016
Enfants de Dieu
Voilà une réalité spirituelle que l'homme a du mal à assumer :
Durant notre enfance, Dieu met naturellement à notre portée une connaissance instinctive des secrets de la vie. Suivent des années de mise à l'épreuve, un parcours semé d'embûches, que l'on appelle communément la vie adulte. Si au bout de cet âge, dit "adulte", nous réussissons à conserver l’empreinte de ces secrets dans les confins de notre âme, alors Dieu nous gratifie à nouveau du bienheureux esprit de l'enfance, nous garantissant par là de quitter la vie terrestre avec un sourire espiègle et une âme paisible...
L'Evangile de Mathieu (18.1-4) nous explicite le pouvoir salutaire de l'esprit de l'enfance :
A ce moment les disciples s'approchèrent de Jésus et dirent: "Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux?" Il appela à lui un petit enfant, le plaça au milieu d'eux et dit: "En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le royaume des Cieux"
Divin Amour
Nous vivons une époque où les personnes tiennent absolument à souligner leur différence et leur singularité. Dans le même temps, ces mêmes personnes aspirent à être acceptées et aimées de tous...
Il en résulte que les relations humaines, et notamment amoureuses, sont immanquablement empreintes de dualités, fluctuations et contradictions...
La raison en est que nous concevons nos relations en général, et amoureuses en particulier, sur un mode binaire (émotion ou froideur, vérité ou mensonge, paix ou tumultes) alors que la nature véritable de l'amour est trinitaire.
De nos jours, ne subsiste que la relation amoureuse entre deux personnes, les deux ayant éludé une troisième composante, pourtant essentielle à la sauvegarde de l'amour: la relation à Dieu.
Or, en nous révélant sa nature trinitaire, Dieu qui est Amour, nous révélait la nature exacte de l'amour...
Le sens de l’humilité
Lorsqu'ils évoluent en société, les hommes ressentent impérieusement le désir de briller et sont obsédés par l'étalage de la valeur de leur humanité...
En réalité, ce n'est pas à ce niveau que se place le salut de l'homme. Au contraire, l'homme a plutôt besoin de renoncer totalement aux fastes de son humanité, pour être en mesure de se diviniser, tout comme le Christ a dû renoncer totalement à sa glorieuse divinité, pour être en mesure de s'humaniser...
L'union de la nature divine à la nature humaine, en soi inconcevable, n'a pu se faire qu'après la kénose du Christ, son renoncement à la gloire de sa divinité. Tel est le mystère de l'humilité de Dieu...
Par le Christ qui est amour, par le Christ qui est "doux et humble de cœur", Dieu, lui l'infini et l'inconnaissable, a voulu s'humilier afin de pouvoir se faire connaitre et s'humaniser. Tel est le mystère de l'amour de Dieu...
Réciproquement, et ce depuis la résurrection du fils de Dieu qui est devenu homme, l'homme qui aura renoncé à l'orgueil de sa nature, pourra être en mesure de recevoir l'énergie divine par l'Esprit-Saint de Dieu...
Le sens de l'humilité réside dans cette attitude de renoncement à soi, par amour pour Dieu, permettant à l'amour de Dieu de nous restaurer dans notre humanité véritable, une humanité déifiée, par la grâce de l’Esprit, obéissante à la volonté du Père, à l'image du Christ, vrai homme et vrai Dieu.
C'est le sens de la parole du Christ quand il proclame : " les premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers"...
lundi 29 août 2016
Mon Polo
Mon sourire
Mon intime plaisir
Mon oisillon ébouriffé
Mon salut
Mon Polo
La vie
Respire
À travers tes yeux
Tu es mon cœur tendre
Mon enfant hardi
Mon avenir
Embelli
Mon croissant tout chaud
Ma joyeuse envie
Tant de fois j'ai été surpris
Et encore aujourd'hui
Par tes malicieux gestes
Tes indomptables envies
Tes idées de fou
Ton regard infini
Tu es la crème de mon coeur
Le chœur de mes silences
Mon sublime bijou
Mon Polo chéri
Tu es parti
Et cependant tu remplis
Tous les espaces de ma vie...
lundi 4 janvier 2016
La révolte du juste
Coupez-moi la tête, je veux voir avec mon coeur.
Coupez-moi la tête, je veux me passer des pensées et des pleurs, des raisonnements et des labeurs.
Coupez-moi la tête, je veux pouvoir voler, sans m'étonner, sans douter, sans me poser.
Coupez-moi moi la tête, de toute manière elle pourrira, dans un crâne craquelé, dans un cimetière oublié, au milieu d'une humanité décimée, par des milliards et des milliards de têtes...
Coupez-moi moi la tête, de toute manière elle pourrira, dans un crâne craquelé, dans un cimetière oublié, au milieu d'une humanité décimée, par des milliards et des milliards de têtes...
mardi 29 décembre 2015
Où sont passés les anges ?
- Pourquoi nous ne voyons plus les anges ? Où sont-ils passés ?
- Quiconque atteint la sainte humilité est en mesure de discerner les anges. Il n'est donc pas si étonnant qu'a notre époque nous ne puissions plus les voir, alors qu'ils sont toujours là...
La vérité
La vérité n'est pas une option. L’homme peut feindre de l’ignorer, mais aucun humain ne peut s'y soustraire. Tout comme la mort, la vérité est inéluctable, elle finit toujours par s’imposer...
La joie
La joie est en étroite relation avec la création. Expérimenter l'aube d'une existence, avoir la conscience d'une éclosion, ne peut se faire sans la joie. Créer où être créé, présuppose l'énergie de la joie. La joie c'est l'infini en mouvement, l'amour en éruption, l'incommensurable et l'éternel, lorsqu'ils rencontrent l'espace-temps, lorsqu'ils se choisissent un commencement, une forme ou un support. La joie est la perception extatique de l'être qui s'ouvre à la conscience de sa propre existence. La joie est l'interface entre l'infini, l'insondable, le divin d'une part et le fini, le créé, l'humain, d'autre part.
La joie est la main tendue de Dieu...
mardi 1 décembre 2015
Un 13 novembre, à Paris...
Il ferme lentement les paupières, étendu sur une moquette humectée par son sang qui fuit. Il ne ressent ni douleur, ni même haine.
Sa vie s'achève dans un lieu improbable, appelé Bataclan. Un endroit qu'il avait pourtant rejoint pour oublier les déboires d’un monde meurtri. Curieusement, c’est au seuil de la mort qu’il s’attache à la vie, lui qui avait quelque peu perdu le fil de son existence.
Il voit les éclairs des mitraillettes, mais ne perçoit plus le bruit. Ces personnes qui chutent devant ses yeux, au ralenti, le renvoient aux feuilles d'automne qu'il admirait autrefois, devant sa fenêtre, se demandant: "c'est donc ainsi ? faut-il toujours que la vie s'arrête pour que la vie recommence ?"
Il ne connaît pas les personnes qui se trouvent là, il ne peut pas les secourir, il a juste le temps de les aimer, avant qu'elles ne s'effondrent autour de lui.
De temps à autre, ses yeux distinguent une silhouette pliée qui rampe péniblement vers la sortie, ses lèvres esquissent alors un sourire et son âme s'écrie: "respire pour moi un peu d'air frais l'ami !"
Ses souvenirs sont trop nombreux pour tenir dans sa mémoire. Ils se décantent un par un, au fond de son être, dans toute leur force et dans leurs intimes faiblesses. Leur présence le réconforte, et il pense : "si mes souvenirs surgissent dans un moment aussi critique, c'est qu'ils ne disparaîtront jamais. D'ailleurs, pourquoi disparaîtraient-ils ? Ne vont-ils pas perdurer dans les joues potelées de mon enfant, dans les bras réconfortants de ma chérie, dans les yeux lumineux de ma mère et dans l'humour décalé de mes amis ?
Mon corps va disparaître, mais pas la terre de France qui m'a vu naître et qui s'apprête à m'accueillir.
Je pars ainsi en éclaireur, j'enjambe plus tôt que prévu la barrière du temps, j'emmène avec moi l'espoir naissant de mes congénères, qui vont de nouveau réaliser l'importance de la vie et de ceux qui en défendent les valeurs.
Je n'arrive pas à haïr mes assassins, parce que je n'arrive pas à comprendre ce qui les motive à agir de la sorte. Et puis le temps qui me reste est si court. Je préfère avoir pitié d'eux, je préfère que ma mort serve aux vivants, qu'ils comprennent pourquoi et comment on en est arrivé là. Je préfère même pardonner, en espérant que ceux qui restent trouveront les solutions et qu'ils réussiront à désamorcer la haine qui anime mes assaillants, sans pour autant déchaîner leurs propres démons.
Comment leur faire comprendre que le plus précieux des trésors n’est autre que l'amour qui unit les hommes ? Comme seul bagage, j’emporte avec moi la somme d'amour que j'ai connue dans ma vie. Seule la force de cet amour me transportera, moi et mes compagnons, dans les sphères l'au-delà."
Il se sent étonnamment bien, il va changer de lieu, emportant avec lui ce qu'il a de mieux, laissant derrière lui les parents et les amis, se disant dans le creux de la fosse: "pourvu que cette tragédie aide les hommes à construire un monde meilleur."
Puis il ferme délicatement les yeux...
Sa vie s'achève dans un lieu improbable, appelé Bataclan. Un endroit qu'il avait pourtant rejoint pour oublier les déboires d’un monde meurtri. Curieusement, c’est au seuil de la mort qu’il s’attache à la vie, lui qui avait quelque peu perdu le fil de son existence.
Il voit les éclairs des mitraillettes, mais ne perçoit plus le bruit. Ces personnes qui chutent devant ses yeux, au ralenti, le renvoient aux feuilles d'automne qu'il admirait autrefois, devant sa fenêtre, se demandant: "c'est donc ainsi ? faut-il toujours que la vie s'arrête pour que la vie recommence ?"
Il ne connaît pas les personnes qui se trouvent là, il ne peut pas les secourir, il a juste le temps de les aimer, avant qu'elles ne s'effondrent autour de lui.
De temps à autre, ses yeux distinguent une silhouette pliée qui rampe péniblement vers la sortie, ses lèvres esquissent alors un sourire et son âme s'écrie: "respire pour moi un peu d'air frais l'ami !"
Ses souvenirs sont trop nombreux pour tenir dans sa mémoire. Ils se décantent un par un, au fond de son être, dans toute leur force et dans leurs intimes faiblesses. Leur présence le réconforte, et il pense : "si mes souvenirs surgissent dans un moment aussi critique, c'est qu'ils ne disparaîtront jamais. D'ailleurs, pourquoi disparaîtraient-ils ? Ne vont-ils pas perdurer dans les joues potelées de mon enfant, dans les bras réconfortants de ma chérie, dans les yeux lumineux de ma mère et dans l'humour décalé de mes amis ?
Mon corps va disparaître, mais pas la terre de France qui m'a vu naître et qui s'apprête à m'accueillir.
Je pars ainsi en éclaireur, j'enjambe plus tôt que prévu la barrière du temps, j'emmène avec moi l'espoir naissant de mes congénères, qui vont de nouveau réaliser l'importance de la vie et de ceux qui en défendent les valeurs.
Je n'arrive pas à haïr mes assassins, parce que je n'arrive pas à comprendre ce qui les motive à agir de la sorte. Et puis le temps qui me reste est si court. Je préfère avoir pitié d'eux, je préfère que ma mort serve aux vivants, qu'ils comprennent pourquoi et comment on en est arrivé là. Je préfère même pardonner, en espérant que ceux qui restent trouveront les solutions et qu'ils réussiront à désamorcer la haine qui anime mes assaillants, sans pour autant déchaîner leurs propres démons.
Comment leur faire comprendre que le plus précieux des trésors n’est autre que l'amour qui unit les hommes ? Comme seul bagage, j’emporte avec moi la somme d'amour que j'ai connue dans ma vie. Seule la force de cet amour me transportera, moi et mes compagnons, dans les sphères l'au-delà."
Il se sent étonnamment bien, il va changer de lieu, emportant avec lui ce qu'il a de mieux, laissant derrière lui les parents et les amis, se disant dans le creux de la fosse: "pourvu que cette tragédie aide les hommes à construire un monde meilleur."
Puis il ferme délicatement les yeux...
La prière du coeur...
- Un mouvement citoyen sans précédent suscite un immense espoir au sein d'une majorité silencieuse et souffrante du peuple Libanais.
Pour ma part, je crains que toutes ces personnes, sincèrement assoiffées de paix, de justice et de fraternité, ne soient profondément et implacablement déçues.
Il me semble en effet que dans un pays où certains individus peuvent assassiner tout en demeurant impunis; où les institutions religieuses, transformées en partis politiques, se déchirent; où les politiciens sont des espèces de mutants consanguins appartenant à des familles régnantes; où la corruption est un euphémisme; où les intérêts des pays étrangers priment sur l'intérêt national; où des milices partisanes ont plus de pouvoir qu'une armée officielle fragmentée; où l'intérêt personnel, familial et clanique prend le dessus sur l'intérêt collectif et citoyen; où l'on cite Dieu deux fois par conversation, puis on le passe sous silence au moment où il est question d'argent; Dans un tel pays, une manifestation pacifique n'a qu'une infime chance d'aboutir.
Je me demande si à force de regarder des films, de se connecter sur Facebook ou de s'imprégner du monde occidental par le biais du web et des voyages, les Libanais n'ont pas fini par croire qu'ils vivaient vraiment dans un pays démocratique...
Je crains que l'intellect des Libanais, par ailleurs très évolué et de très haut niveau, ne leur joue des tours, en leur faisant croire qu'il suffit de penser les choses et de les imaginer pour qu'elles se réalisent dans les faits.
Je crains que notre jeunesse, comme toute jeunesse d'ailleurs, ne soit entrain d'idéaliser son désir et son monde, sans prendre la mesure des forces du mal qui se dressent contre elle, ni de l’âpreté de la lutte qu'un tel mouvement suppose.
Il est évident que pour traiter efficacement une pathologie, il est nécessaire dans un premier temps de bien établir le diagnostic.Ne nous voilons pas la face, si ce type de gouvernants est en place c'est que nous y sommes pour quelque chose. Dans leur vices, leur priorités, leurs réflexions et leurs agissements, ils ne font que nous renvoyer nos vices, nos priorités, nos réflexions et nos agissements. Les politiciens reflètent nos mentalités rampantes, en mille fois plus développées, plus "sophistiquées".On dit bien que ce n'est pas le roi qui appelle le peuple mais c'est le peuple qui appelle le roi. Ceux qui élèvent leur voix ne doivent pas oublier qu'ils vivent dans un pays où, habituellement, on achète les voix...
De cet état lieux, il résulte deux éléments: Premièrement, à moins d'un bouleversement radical et intime des mentalités, les choses ne bougeront pas. Deuxièmement, si les choses bougent, cela se fera au prix d'un lourd tribut.
En priorité, et pour être en capacité de mener à son terme un tel mouvement, chaque manifestant devra vaincre ses propres démons, préciser les contours de son éthique personnelle, mettre au point ses principes politiques et sociaux, et ses convictions religieuses, en les harmonisant sous une seule bannière, celle d'un peuple unifié qui manifeste pour la reconquête de ses droits civils les plus fondamentaux. Rien ne doit pouvoir le détourner de ce objectif. C'est le pré-requis minimum pour un mouvement dont l'ambition est, ni plus ni moins, de bouleverser un système archaïque et féodal établi à l'échelle d'une nation, et ce depuis des décennies.Chaque manifestant doit savoir se remettre en question, dès le départ, et tout au long du conflit, de manière à préserver l'unité du mouvement. D'autre part, chaque manifestant doit être conscient des conséquences qu'un tel engagement peut avoir sur sa vie personnelle et être disposé à offrir plus que des cris et des slogans. Il ne suffira pas d'user ses semelles sur le bitume, il faudra aussi user de son temps, de son argent, de son énergie et peut-être même de son intégrité physique. Il ne suffira pas de faire l'intérimaire de la manif, il faudra garder le cap, persévérer dans un mouvement de longue haleine qui exige des sacrifices et qui pourrait bouleverser un agenda personnel ou le cours d'une vie. Sans compter que les risques de récupération et de fausses interprétations, et donc de désunion et d'affrontements violents, seront légion dans le contexte d'un pays qui a plus connu de voitures piégées que d'élections véritablement démocratiques. Par conséquent, il faudra s'attendre à ce que la corruption, la manipulation, la délation et la violence rôdent, qu'elles s'immiscent et se cachent dans tous les coins de rue et dans toutes sortes d’individus. Elles ne seront pas le seul apanage des politiciens et de leurs sbires. Tout cela peut faire craindre une tournure des événements, vers un dérapage non contrôlé, un pschiiit, voire une explosion. Tout cela souligne surtout les innombrables obstacles à franchir et l'ampleur du travail à fournir en dedans et en dehors de chaque libanais, en vue de générer et de maintenir un véritable espoir de renouveau autour de cette initiative authentiquement citoyenne.Autant dire que la tâche s'annonce ardue, voire insurmontable. Mon premier réflexe d'homme croyant a été de prier Dieu de protéger toutes ces gens, car le prix à payer pour que le mouvement réussisse, et pour éviter qu'il ne se transforme en une énième descente aux enfers, risque d'être bien plus lourd que ceux qui l'ont initié ne l'ont peut-être imaginé. En tout état de cause, il ne fait aucun doute que ce mouvement est noble dans l'intention, il est parti et il ne s'arrêtera pas tout seul... Pourvu que les bonnes intentions de cet élan citoyen puissent paver un avenir radieux pour les générations futures et non pas une nouvelle place en enfer pour un pays en chute libre. Quant à moi, je continuerai à me réfugier dans mes prières, comme je le fais tous les soirs depuis le jour où j'ai quitté le Liban. Comme tant de personnes viscéralement attachées à ce pays, j'ai dû construire ma vie dans l'exil, la mort dans l'âme. N'ayant pas eu le courage de rentrer, j'ai passé mon chemin.C'est le seul moyen que j'avais trouvé à l'époque pour ne pas être happé par la corruption et la servitude, dont la puanteur supplantait déjà celle des poubelles... Je prie pour que, à travers ce mouvement, un autre moyen de lutter contre la servitude et la corruption connaisse enfin le jour...
Inscription à :
Articles (Atom)